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mercredi 29 juin 2011

J'ai épousé une ombre

A dix-sept ans, Helen est abandonnée par l'homme qui l'a faite enceinte. Fuyant alors New York en train, elle fait la connaissance d'un jeune couple, les Hazzard, dont la femme Patricia attend elle aussi un enfant. Les deux jeunes femmes sympathisent rapidement et, lors d'une discussion entre elles, Patricia confie à Helen son alliance. Brusquement, le train déraille et lorsqu'Helen se réveille à l'hopital, elle comprend rapidement qu'on la prend, du fait de l'alliance qu'elle porte, pour Patricia Hazzard, morte avec son époux dans l'accident...

Un grand roman noir par l'un des plus grands maîtres du genre : J'ai épousé une ombre est un récit au suspense haletant, avec une héroïne attachante et d'une vulnérabilité extrême. Seule au monde, abandonnée de tous, Helen, par le biais d'une méprise, se retrouve propulsée au sein de la famille Hazzard, une des plus riches de Caulfield. Mais plus que la fortune, c'est l'amour d'un foyer et d'une famille, choses qu'elle n'a jamais connus, qui émerveillent Helen devenue alors Patricia. Le bonheur s'avère à portée de main pour la jeune femme qui oublie peu à peu son passé. Mais peut-on réellement échapper à celui-ci? Prendre la place d'une autre n'est-il pas synonyme de risque? Et lorsqu'Helen tombe amoureuse, l'équilibre précaire qu'elle a réussi à construire ne menace t'il pas de s'écrouler?

Un excellent roman policier avec une seconde partie absolument haletante. Willima Irish arrive à faire grimper lentement la tension entre les différents personnages. Car malgré sa prudence, Helen, ou plutôt Patricia, fait quelques erreurs au sein de sa nouvelle famille et prend peur de leur révéler son imposture. Mais l'horreur arrive réellement lorsque les premières lettres anonymes arrivent, menaçant la jeune femme et son bonheur fragile. Qui et pourquoi?

Publié en 1948, J'ai épousé une ombre fait parti de ces romans intemporelles dans son intrigue et sa construction. L'originalité du récit réside dans le fait qu'Irish se place au niveau de Patricia, qui raconte elle-même la lente progression de sa peur et de ses tourments. Le lecteur se retrouve ainsi propulsé dans les pensées oppressées de Patricia, jeune femme abusée très jeune par l'existence et c'est avec une grande empathie que l'on suit son histoire jusqu'au dénouement, qui faisant écho à l'introduction, met en lumière ce dernier.

Un pur roman noir et pourtant, bien différent des autres dans l'angoisse et le suspense qu'il propage. Une réussite complète, autant dire qu'on n'est jamais déçu en lisant un roman de William Irish!

Ma note : 4/5
(Folio Policier, 256 pages)

Livre du mois de juin

mercredi 27 avril 2011

Haine - Anne Holt

Haine : un tel titre pour un roman policier pourrait faire frémir voire faire redouter le pire… Et bien pourtant, il n’en a été rien et ce fut au contraire avec un plaisir plutôt surprenant qu’il m’a été donné de lire ce nouveau roman policier venu de Scandinavie mais de Norvège cette fois-ci.

Comme souvent dans les polars scandinaves, l’enquête policière n’est que le prétexte pour décortiquer en profondeur la société actuelle. Critique d’un modèle, de ce mode de vie souvent mis en avant et encensé de tous, Haine c’est aussi et surtout la remise en question des différences entre les hommes, qui peuvent entraîner les êtres jusqu’à la haine…

C’est la première fois que je lis un roman de Anne Holt et j’ai donc plutôt bien aimé. J’ai même trouvé ce récit différent de tous ceux qui m’avait été donné de lire. J’ai trouvé les personnages attachants, le rythme soutenu et régulier. Un bon roman policier, qui change de tous ceux qui m’avaient été donné de lire à ce jour.

Ma note : 3/5
Le Rocher Éditions, 576 pages


Sélection du mois de mars

samedi 16 avril 2011

Resurrection Row - Anne Perry

Le cadavre de Lord Augustus, enterré depuis plus de trois semaines, est retrouvé un soir à la place du cocher sur un cab. Qui a bien pu vouloir le déterrer et pourquoi? Chargé de l'enquête dans le très chic quartier de Gadstone Park, Thomas Pitt se perd en conjectures. Jusqu'à ce ce qu'un second cadavre puis un troisième soient également retrouvés dans les rues de Londres...

Quatrième enquête du couple victorien Thomas et Charlotte Pitt et ce fut avec le même entrain que j'ai suivi cette nouvelle histoire. Comme toujours, Anne Perry nous emmène dans les cercles fortunés de la bonne société anglaise de l'époque qui n'est pas exempte de tout reproche, loin s'en faut. Plus étonnant, Mme Perry nous décrit cette fois-ci les conditions épouvantables dans lesquelles vivaient les populations indigentes et pauvres du Londres de la fin du XIXème siècle. Ainsi, s'élevant contre les conditions déplorables dans lesquelles subsistaient de nombreuses familles démunies, des personnalités fortunées décident de faire passer un projet de loi en faveur de la fermeture des hospices dans lesquelles étaient littéralement parquées dans des conditions innommables de nombreuses personnes. Autant dire que l'on est bien loin des thés dansants, soieries et autres luxes des sociétés de Gadstone Park! Mais parfois, les apparences sont trompeuses et c'est ce que l'inspecteur Pitt va découvrir...

Une enquête intéressante et au dénouement inattendu. Une série policière qui tient décidément toutes ses promesses!

Ma note : 3,75/5
(10/18, 313 pages)

Livre du mois d'avril

mercredi 30 mars 2011

Le cri de l'engoulevent - Kjell Eriksson

De retour de congé maternité, le commissaire Ann Lindell est assaillie de soucis. Tout d’abord, son collègue Ola, la poursuit de ses assiduités. Ensuite, des groupes de casseurs vandalisent des vitrines à Uppsala et dans l’une d’elle, un jeune suédois est retrouvé mort. Peu après, le centre de réfugiés brûle, causant trois victimes. Sur les dents, la police enquête, tandis que les tensions raciales dans la ville atteignent leur paroxysme…

Le Cri de l’engoulevent, polar du suédois Kjell Eriksson, est la quatrième enquête du commissaire Ann Lindell. C’est la première fois que je lis un roman de Kjell Eriksson et même si celui-ci ne révolutionne pas le genre, j’ai plutôt bien aimé cette enquête policière bien ficelée. L’auteur, de par la construction originale de son récit (on suit ainsi un personnage et une partie différente de l’enquête à chaque chapitre) tient le lecteur en haleine. Surtout, Le Cri de l’engoulevent, nous révèle la face cachée de la Suède en matière de racisme : tensions entre différents groupes ethniques, racisme et intolérance.

En définitive un bon roman policier qui change un peu des enquêtes policières scandinaves qui m’a été donné de lire à ce jour. Un auteur et une série à suivre…

Ma note : 3/5
(Gaïa, 381 pages)

Sélection du mois de février

dimanche 20 mars 2011

L'ainé des Ferchaux - Georges Simenon

Longtemps Dieudonné Ferchaux, l'homme de l'Oubangui, fut un mythe vivant, lui, qui, avec son frère Emile, partit tenter l'aventure au fin fond de l'Afrique, bravât tous les dangers et se fit une fortune colossale de manière cependant plus que douteuse. Mais aujourd'hui, cette époque semble bien loin, et l’aîné des Ferchaux est attaqué de toutes parts, accusé notamment d'avoir assassiné trois nègres avec de la dynamite. Le procès se rapproche, mobilisant les foules, affolant la presse et les politiques qui tous, se déchaînent face à cet homme singulier, revenu en France après des années passées sur sa pétrolette sur les fleuves sauvages et inhospitaliers de l'Afrique. C'est dans cette atmosphère qu'arrive Michel Maudet que Ferchaux embauche comme son secrétaire particulier, jeune provincial d'à peine vingt ans sans le sou, inexpérimenté de la vie mais voulant absolument découvrir la richesse, la gloire et les fastes du grand homme. Entre les deux hommes, va s'installer une relation ambiguë...

De Paris à Caen, de Dunkerque au Panama, Ferchaux et Maudet ne vont plus se quitter, pour le meilleur et pour le pire. Avec une acuité rare, Simenon va alors décortiquer sous les yeux du lecteur ébahi, les personnalités complexes de ces deux personnages, qui, malgré les apparences, sont bien plus proches qu'il n'y parait. C'est surtout de Maudet qu'il s'agit, ce jeune loup qui rêve de faire fortune facilement lui aussi. Tout d'abord fasciné par ce personnage fabuleux qu'est Ferchaux entouré de sa légende, Michel se mettra sans hésiter à son service, sans se poser de questions, persuadé que cet emploi va lui ouvrir les portes d'un monde nouveau. Mais les affaires et le scandale rattrape Ferchaux et c'est ensemble que tous deux s'enfuiront en Amérique latine.

C'est à ce moment là que les rapports vont s'inverser et que Maudet prendra petit à petit l'ascendant sur un Ferchaux malade et diminué physiquement. Mais malgré tout, Maudet ne parviendra pas à s'affranchir du regard lucide et sarcastique de Ferchaux qui l'a compris et deviné dès le premier jour. Car Maudet est prêt à tout pour réussir, que ce soit de manière grandiose ou veule. Ne va t-il pas jusqu'à sacrifier Lina, sa femme à Dunkerque? Pire, Maudet n'ira t-il pas jusqu'à commettre l'irréparable pour s'en sortir?

Comme toujours dans les récits de Simenon, ce qui frappe tout d'abord c'est le style de l'auteur qui fait revivre sous nos yeux la France puis le Panama des années trente. On sent, on respire l'odeur des petits cafés dans lesquels traîne Maudet. On sent le suintement, la poussière et la crasse de la maison sur les dunes et dans celle de Caen. Quant à l'atmosphère faite de plaisirs faciles au Panama, on s'y croirait presque. Cette façon de recréer et de décrire un monde aujourd'hui disparu est absolument étonnant et extraordinaire et rien que cela, ce roman vaut le coup. Mais évidemment, c'est encore une fois dans la psychologie des personnages et des sentiments qui les traversent que le talent de Simenon fait mouche. Un talent inégalé et inégalable.

Ma note : 3,75/5
(Folio, 432 pages)

Livre du mois de mars

mercredi 16 mars 2011

Verdict - Justin Peacock

Joël Deveraux est un jeune avocat d'un prestigieux cabinet new-yorkais promis à un bel avenir. Mais cette carrière est stoppée net lorsqu'une sombre affaire de drogue le rattrape et le force à démissionner. Quelques années plus tard, Deveraux travaille désormais pour un petit cabinet en tant qu'avocat commis d'office dans de banales affaires de drogue ou de vol. Mais lorsqu'il est affecté à une affaire pour seconder une de ses collègues sur une sombre affaire de meurtre, Deveraux se trouve propulsé dans un procès passionnant et aux multiples rebondissements.

Premier roman de Justin Peacock, lui-même avocat ayant traité de multiples affaires de meurtres, Verdict est un roman dense et terriblement vrai. Se basant sur son expérience, Peacock nous décortique toute la machinerie judiciaire new-yorkaise tout en nous en livrant les moindres détails, jusqu'aux plus sordides (témoins malhonnêtes, dissimulation de preuves, pressions multiples, prisions glauques et surpeuplées...). Surtout, le lecteur est propulsé dans les rouages de la juridiction judiciaire et Peacock nous décrit ainsi toutes étapes qui jalonnent un procès, des premiers éléments de l'enquête au verdict final. Enfin, nous plongeons dans les coulisses du monde pénal, à la suite de ces avocats souvent débordés et aux moyens limités mais qui se battent coûte que coûte pour leurs clients mais aussi pour eux-mêmes, afin de faire éclater la vérité.

Si Verdict accuse quelques longueurs qui en altère un peu la qualité, il n'en demeure pas moins que c'est un thriller détaillant avec une précision rare le milieu judiciaire et ses dérives. Un premier roman réussi et qui n'augure que du bon pour la suite de la carrière de Peacock.

Ma note : 3,5/5
(Sonatine, 370 pages)

Sélection du mois d'avril

mercredi 9 mars 2011

L'hiver des lions - Jan Costin Wagner

Le médecin légiste Patrik Laukkanen est retrouvé assassiné le matin de Noël à coté de chez lui. Quelques jours plus tard, un célèbre fabricant de faux cadavres pour le cinéma est lui aussi poignardé sur le seuil de sa porte. Seul point commun à ces deux meurtres : tous deux avaient participé à une émission de télévision où l'on montrait des mannequins imitant des victimes de catastrophes et autres accidents mortels. Kai-Petteri Hämäläinen, le présentateur vedette du talk-show, est-il la prochaine victime du mystérieux tueur?

Un roman policier se passant en Finlande, en période de Noël, sous la neige qui ne fait que tomber: autant dire que l'atmosphère est froide voire terriblement glaciale, aussi bien sur le fond que sur la forme de ce roman. Car je l'ai trouvé bien froid pour ne pas dire terriblement moribond ce récit. On ne peut pas dire que cette histoire soit bien gaie, à commencer par le personnage principal de ce récit, le commissaire Kimmo Joenta, veuf inconsolable depuis la mort de sa femme. L'enquête policière à mon sens, traine en longueurs, pire, le thème en lui-même (la reproduction de victimes d'accidents mortels) n'est pas particulièrement passionnant. Alors on ne peut pas dire que j'ai été véritablement emballée par cette enquête policière que j'ai trouvée terriblement ennuyeuse et dénuée d'intéret. Peu de rythme, aucune empathie envers les personnages, pire, un dénouement presque banal ont fait que cette lecture ne m'a absolument rien apporté à part une perte de temps absolument inutile. Un récit à oublier et à vrai dire, c'est déjà fait.

Ma note : 2/5
(Jacqueline Chambon, 255 pages)

Sélection du mois d'avril

mercredi 9 février 2011

Meurtre en Mésopotamie - Agatha Christie

Infirmière, Miss Leatheran est chargée de s'occuper de la belle Mrs Leidner, cette dernière souffrant de crises d'angoisse aux dire de son mari. Mais quand Miss Leatheran arrive sur le site de la mission archéologique de Tell Yarimjah en Mésopotamie, c'est un climat lourd et pesant qui l'accueille. Mrs Leidner est-elle folle? Mais cette femme est si belle et si fascinante aux yeux de l'infirmière... Ou alors serait-ce une manipulatrice comme les mauvaises langues le murmurent? Miss Leatheran n'a pas beaucoup de temps pour se forger une opinion car peu de temps après son arrivée, Mrs Leidner est assassinée!

Une enquête somme toute classique de celle que les lecteurs ont couronné reine du crime. C'est avec plaisir que j'ai cependant lu cette histoire et pourtant, Dieu sait que j'en ai dévoré des histoires de cette chère Agatha! J'ai pourtant grandement appréciée cette énigme d'autant plus que l'enquêteur ici présent est Hercule Poirot et j'ai toujours eu un faible pour le détective belge...

Agatha Christie, de par son remariage, avait épousé un archéologue anglais et l'avait suivi dans ses fouilles au Moyen-Orient. Certaines histoires se déroulent donc dans cette région et dans Meurtre en Mésopotamie, Agatha Christie en profite pour décrire le quotidien des archéologues de l'époque. C'est ainsi avec intérêt que Mme Christie nous distille à petites doses pendant son enquête des détails et autres renseignements sur les procédures et techniques en vigueur à l'époque. Mais plus que cela, c'est l'énigme évidemment qui est le plus important et comme toujours, le lecteur s'amuse à deviner qui peut bien être le meurtrier parmi les membres de cette mission archéologique. Forcément, chacun cache ses petits secrets et personne n'est vraiment ce qu'il cherche à faire passer. A commencer par la victime, qui pourrait bien dissimuler un passé et un caractère pas si roses...

En conclusion, une bonne enquête, minutieuse et diaboliquement orchestrée (le dénouement est surprenant!). Et comme toujours, Mme Christie, en définitive, m'a bien eue!

Ma note : 3,5/5
(Le livre de poche, 223 pages)

jeudi 30 décembre 2010

La maison d'à côté - Lisa Gardner

Sandra Jones, jeune femme de 23 ans, a disparu sans laisser de trace. C'est son mari, Jason Jones, qui prévient la police quelques heures après et D.D. Warren se charge alors de l'enquête. Enquête qui s'annonce pour le moins spéciale, à commencer par le mari, justement, qui ne réagit pas comme on pourrait s'attendre. Réticences à répondre aux questions, mutisme, absence de réaction et d'émotion, autant dire que Jason Jones n'a pas l'air d'être particulièrement ému de savoir si sa femme a seulement fugué ou si elle a été enlevée. Que peut-il bien cacher, se demande D.D. Warren qui sait le temps compté si elle veut retrouver Mme Jones vivante...

C'est la première fois que je lis un récit de Lisa Gardner et assurément, La maison d'à côté est un de meilleurs thrillers qu'il m'a été donné de lire. L'intrigue, efficace, entraîne le lecteur dans des questionnements sans fin. Qui est Jason Jones? Que s'est-il passé la nuit où Sandra a disparu? Seul témoin du drame, Ree, la petite fille du couple, âgée d'à peine quatre ans. D.D Warren en est persuadée : la petite fille en sait plus long qu'elle ne laisse entendre et ceci énerve le commandant de police, qui doit également faire face aux soupçons vis-à-vis d'un voisin délinquant sexuel fiché, d'un beau-père absent et qui refait brusquement surface et d'un adolescent, élève de Mme Jones et surdoué en informatique, visiblement amoureux de sa professeur. Et pendant ce temps, les heures tournent...

Un thriller efficace, avec une intrigue solide et captivante. On se laisse entrainer par la plume vive et fluide de l'auteur qui dresse là un roman mené de main de maître avec un dénouement inattendu. En bref, un suspense réussi, et on en redemande!

Ma note : 4,5/5
(Albin Michel, 420 pages)

Sélection de janvier 2011

dimanche 5 décembre 2010

Silence Radio - Robert Rotenberg

« Je l’ai tuée, monsieur Singh. Je l’ai tuée. »

C’est avec ces quelques mots que Kevin Brace s’accuse du meurtre de sa compagne qui gît pleine de sang dans la baignoire de leur appartement. Puis c’est dans un mutisme pesant que celui-ci se renferme tandis qu’autour de lui toute la machine policière, judiciaire et journalistique se met en branle, afin de traiter une des affaires de meurtre les plus sensationnelles qu’ait pu connaître le Canada…

Un excellent policier : voilà ce qui ressort de ce récit ficelé d’une main de maître par un auteur qui signe ici son premier roman. Et quel roman ! D’une précision sans égal, Robert Rotenberg nous dévoile ici l’envers du décor. Nous suivons ainsi aussi bien l’enquête de police, absolument passionnante, que le casse-tête et les ennuis judiciaires que supportent le procureur et encore plus l’avocate de Kevin Brace. Tout y est, entre les entrevus entre l’accusé et son avocat, les audiences préliminaires ou les auditions de témoins. Sans oublier, les magouilles, pressions ou révélations qui bouleversent l’intrigue et nous tient en haleine de bout en bout.

Les personnages sont tous extrêmement fouillés. L’intrigue est là, sans exagération ni artifices. Encore une fois, tout est admirablement maîtrisé et c’est avec fascination que l’on suit les tribulations et rebondissements de l’histoire que l’on croirait presque réelle. Un excellent policier et autant dire que j’aimerai lire plus souvent ce genre de récit alliant un tel degré de précision et de suspense.

Ma note : 4/5
(Presses de la cité, 400 pages)

Sélection du mois de décembre

mardi 26 octobre 2010

Treize heures - Deon Meyer

Treize heures mouvementées dans la vie d’un policier du Cap, Benny Griessel, réveillé dès l’aube par un appel téléphonique qui lui apprend qu’une jeune fille a été retrouvée égorgée près de Long Street. Les heures se succèdent et ce n’est plus un, mais deux meurtres qui sont confiés à de jeunes policiers sud-africains que Benny doit épauler. Mais le temps presse, une jeune touriste américaine pourchassée par de mystérieux agresseurs est à retrouver. Ajoutez à cela les rivalités entre flics, une chanteuse sur le déclin alcoolique accusée de meurtre, des magouilles suspectes dans l’industrie du disque ou encore une soif inextinguible qui ne cesse pas et vous comprendrez pourquoi cette journée risque de paraître bien longue pour notre héros…

Avec 13 heures, Deon Meyer n’en est pas à son premier roman policier et cela se sent. En effet, ce qui surprend dans tout ce récit c’est son unité, sa logique d’enchaînement, son rythme régulier. Quelle maîtrise dans le sujet ici ! Il est assez rare de souligner en effet que 13 heures n’est pas un thriller classique, encore moins banal ou d’une trivialité affligeante comme on peut malheureusement en voir souvent. Que nenni, et c’est avec passion que l’on suit les enquêtes successives de ce brave Benny à qui on s’attache immédiatement, malgré ses défauts et travers flagrants.

Et pourtant il y avait de quoi s’emmêler les pinceaux puisque Déon Meyer s’amuse à traiter deux affaires en même temps, à sauter d’une situation à une autre, à mettre en scène des dizaines de personnages différents, sans que l’on sache parfois si celui que l’on croise à ce moment là est un personnage clé ou non de l’histoire. Et c’est là tout le génie du roman que d’être si complet, si précis dans ses détails que l’on s’y croirait nous aussi au Cap, dans cette ville où l’on ressent la poussière, la chaleur, où la violence est l’une des pires au monde et où la peur est le sentiment dominant. Et pourtant, cette ville, Deon Meyer a réussi à me la faire aimer, à me donner envie d’y aller, de me promener à mon tour dans ses rues, pour y ressentir l’ambiance.

Un récit subtil, des personnages complexes et complet, une intrigue à vous tenir en haleine du début à la fin avec un final en apothéose, une plume aiguisée et tranchante :13 heures c’est tout cela à la fois et bien plus encore. A lire absolument !

Ma note : 4,5/5
(Éditions Seuil Policiers, 460 pages)

3ème sélection Elle - Novembre

samedi 9 octobre 2010

Debout les morts - Fred Vargas

Un matin, la cantatrice Sophia Siméonidis trouve dans son jardin un hêtre surgi de nulle part. Contre toute attente, cet arbre mystérieux la panique et la pousse à demander à ses trois nouveaux voisins chercheurs — Matthias le préhistorien, Marc le médiéviste et Lucien le fou de la Grande Guerre — de creuser sous l'arbre. En vain puisqu'ils n'y trouvent apparemment rien. Mais peu après, Sophia disparait...

Voici LE roman policier de l'année en ce qui me concerne. Quel enchantement que la plume de Mme Vargas! D'elle j'avais déjà lu l'année dernière Pars vite et reviens tard mais ce deuxième récit m'a convaincu brillamment que ses histoires sont faites pour moi.

Il y a du suspens, de l'humour (beaucoup) et surtout des personnages que l'on n'oublie pas et qui vous marque profondément. Ceux qui, comme moi avaient déjà lu Pars vite et reviens tard seront revis de redécouvrir Marc le chercheur médiéviste fauché qui jouait alors un rôle secondaire. Ici, il n'en est rien puisque c'est lui, aidé de ses deux camarades et de son parrain le Vieux Vandoosler, l’ancien flic, qui va mener l'enquête et tenter de découvrir ce qui a bien pu arriver à leur amie Sophia. Les personnages sont admirablement campés; l'intrigue est prenante du début à la fin et on ne s'ennuie pas une seconde en suivant ces chercheurs excentriques mais bougrement attachants. Pas d'Adamsberg ici mais ce n'est pas grave. L'histoire n'en est que plus puissante et les pages défilent si vite que c'est avec déception que le roman s'achève!

Vous l'aurez compris, j'ai eu un immense coup de cœur pour ce policier. Vivement le prochain!

Ma note : 5/5
(Éditions J'ai lu, 282 pages)

20/26!

et

Lecture d'octobre

samedi 2 octobre 2010

Les enfants de la nuit - Franck Delaney

Architecte international reconnu, Nicholas Newman ne s’est jamais remis du meurtre de Madeleine, la femme avec qui il vivait une aventure passionnelle depuis des années à Londres. Et lorsque des années plus tard, il reconnaît par hasard sur une photo la petite tour Eiffel en améthyste qui avait disparu après son assassinat, Nicholas devient alors la cible d’une série d’agressions toutes plus démoniaques les unes que les autres. Pour Nicholas, découvrir les assassins de Madeleine va devenir une obsession. Mais il ne sait pas encore ce que ses recherches vont lui faire découvrir.

Un récit qui semblait tenir toutes ses promesses : hélas, cent fois hélas, il n’en a été rien et c’est avec une déception manifeste que j’ai fini ce roman policier. Et pourtant tout avait démarré pour le mieux : des évènements qui s’enchaînent sans temps mort, des révélations sur une mystérieuse institution nazie qui installe un mystère et une ambiance pesante, un couple de riches Hongrois pas très nets : bref, jusqu’à la moitié du récit, on y croit et on suit Nicholas (et non pas Mickael comme il est indiqué sur la quatrième de couverture, bravo !) avec grand intérêt. Malheureusement, notre héros n’en est pas vraiment un puisque ses atermoiements, ses hésitations et autres simagrées m’ont littéralement tapée sur les nerfs. Que de mimiques avant enfin d’accepter de faire ce qu’on lui demande! Quant à la fin, elle est décevante surtout après que l’auteur nous ait fait saliver d’envie en début de récit.

En définitive un récit qui, selon moi, n’a pas tenu ses promesses et c’est bien dommage car réellement, au départ, j’y croyais dur comme fer.

Ma note : 2,5/5

(Éditions Le Cherche Midi, 564 pages)

2ème sélection Elle - Octobre 2010

dimanche 29 août 2010

Rupture - Simon Lelic

Londres, par un mois d’été torride. Samuel Szajkowski, professeur d’histoire apparemment sans histoire, ouvre le feu lors d’une réunion et tue trois élèves et un collègue avant de se tuer à son tour. Pour les médias et le public tout entier, c’est sans conteste l’œuvre d’un fou, d’un dégénéré. Mais pour la commissaire Lucia May en charge de l’enquête, ceci ne s’annonce pas aussi simple et malgré les pressions de toutes parts, elle refuse de clôturer l’affaire. Car une questions la taraude sans cesse : pourquoi Samuel a-t-il tiré ?

Un excellent roman policier, sûrement un des meilleurs de lu jusqu’à présent cette année. C’est que l’auteur nous emmène dans un quartier populaire de Londres, dans un lycée où, apparemment, il n’y a pas de problème. Mais il suffit à Lucia de gratter un tout petit peu pour que le vernis s’écaille et que les langues se délient. Racisme, violences, persécutions de toutes sortes : tout n’est pas rose dans ce lycée qui, bientôt, se verra attribuer des fonds afin d’être l’un des plus en pointe du royaume. Et les enfants entre eux ne sont pas les seuls à être les victimes, mais les professeurs aussi. Notamment Samuel Szajkowski.

On s’attache aussi énormément à l’enquêteuse, Lucia, jeune femme en proie aux doutes et au malaise. Et c’est avec fascination et impatience que l’on suit cette enquête où les révélations, parfois sordides, font frémir. On frémit d’autant plus que ce que l’auteur décrit a déjà eu lieu dans des lycées (américains notamment). Mais toutes ces descriptions de brimades, sévices ou autres tortures morales, hélas, elles, ont bien lieu aussi chez nous et sont malheureusement légion.

Un récit percutant et qui fait mal parfois dans ses descriptions. A lire !

Ma note : 3,5/5
(Éditions Masque, 305 pages)

Sélection Elle - Août 2010

mardi 15 juin 2010

Le faucon de Malte - Dashiell Hammett

A San Francisco, le détective privé Sam Spade n'est pas content du tout et pour cause : son adjoint s'est fait descendre en pleine rue tandis qu'il effectuait une filature pour le compte d'une mystérieuse cliente. Même si Sam n'appréciait pas vraiment Miles Archer, il va sans dire qu'il ne peut laisser ce crime impuni... Et lorsque l'enquête se complique, Sam réalise que ce n'est plus un meurtrier qu'il recherche mais aussi et surtout une statuette de grand prix que beaucoup semblent vouloir s'approprier...

Voici donc ce roman que beaucoup considère comme un des plus grands classiques de la littérature policière. Que le lecteur ici ne recherche pas une intrigue complexe ou trop fouillée car Le faucon de Malte, avant tout, c'est une ambiance, celle des USA des années 30 avec ses gangsters en complets. L'impression qui se dégage dans tout le roman est celle d'un film en noir & blanc des années 40/50, avec le beau Humphrey Bogard et son imper... Quant aux femmes, Hammett les présente comme des créatures fatales et belles comme sur du papier glacé, mais gare aux mauvaises surprises...

Il y a du rythme, du suspense, du rebondissement : pour avoir lu du même auteur La clé de verre, je dois avouer que j'ai préféré Le faucon de Malte où j'ai trouvé que l'intrigue tenait mieux la route. Le scénario ne souffre pas d'incohérence, mais ce sont surtout les personnages qui font le roman à l'instar de la belle Miss Wonderly alias Brigid O'Shaugnessy qui tente de mener en bateau notre héros. Sam Spade surtout est emblématique en ce sens que tout le charme de ce personnage suinte à travers le papier et on imagine sans peine ce privé au charme indéniable et opiniâtre.

Le faucon de Malte, c'est donc une intrigue classique mais plaisante à lire et qui permet de se replonger dans l'atmosphère
où l'on imagine sans peine le café, les bouteilles de gin, les cigarettes et les femmes en fourreau.

Ma note : 4/5

(5/5)

et


lundi 15 février 2010

L'énigme des Blancs-Manteaux - Jean-François Parot

Fraichement débarqué de sa Bretagne natale, le jeune Nicolas Le Floch est rattaché aux services du Lieutenant Général de Police M. de Sartine grâce aux recommandations de son parrain, le marquis de Ranreuil. Très rapidement, une enquête délicate et mystérieuse lui est confié où notre jeune héros va devoir faire ses preuves. Secondé par l'inspecteur Bourdeau, voilà Nicolas propulsé dans le monde redoutable et machiavélique de la corruption, de la prostitution et des jeux d'argent tandis qu'à mots couverts, M. de Sartine lui fait comprendre que son enquête vise à sauvegarder la réputation du Roi lui-même.

Premier volet des enquêtes de Nicolas Le Floch, L'énigme des Blancs-Manteaux est un roman policier historique haletant avec une intrigue rondement et habilement menée de main de maitre par un jeune enquêteur novice en la matière. On s'attache à notre héros qui, de premier abord naïf, devient peu à peu d'une sagacité redoutable ce qui lui vaudra bien des périls. Nous sommes en janvier 1761, sous le règne de Louis XV et le Carnaval bat son plein, ce qui rend la capitale particulièrement dangereuse. Enquêtant sur la disparition du commissaire Lardin chez qui il logeait rue des Blancs-Manteaux, Nicolas Le Floch ne sait pas qu'il met le pied dans un monde à mille lieux de celui qu'il a pu côtoyer dans son enfance douce et paisible à Guérande. Roman d'apprentissage, où Nicolas passe réellement de l'innocence à celui du monde adulte, L'énigme des Blancs-Manteaux est aussi une description minutieuse de la vie d'alors du milieu du XVIIIème siècle. Jean-François Parot restitue en effet avec forces détails Paris et ses faubourgs, avec ses maisons closes, ses rues mal famées ou encore le Châtelet et les prisons parisiennes, toutes plus lugubres les unes que les autres. Autre point intéressant, l'auteur n'hésite pas à nous décrire la gastronomie de l'époque et le lecteur salivera devant plusieurs recettes qui ont toutes l'air bien appétissantes!

Une enquête sans temps mort ni longueur superflue : L'énigme des Blancs-Manteaux laisse assurément présager du bon de cette nouvelle série policière et c'est avec intérêt que je relirai avec plaisir d'autres enquêtes de notre commissaire.

Ma note : 4/5
(Éditions 10/18, 378 pages)

(5/26)

et

lundi 4 janvier 2010

La lune dans le caniveau - David Goodis

Sept mois. Voilà sept mois que Catherine s'est suicidée en pleine rue après avoir été violée par on ne sait qui. Sept mois que son frère Kerrigan hante Vernon Street la nuit et ses pas le ramène là où Catherine s'est tranchée la gorge avec la lame rouillée d'un vieux couteau. Docker sur le port, vivant misérablement avec son père, la femme de celle-ci, son frère alcoolique et Bella qui le poursuit de ses assiduités, Kerrigan traque le coupable qui a déshonoré sa sœur tout en cherchant en réalité inconsciemment à se rappeler Catherine dans ses souvenirs de plus en plus embrumés. Un soir, cependant, Kerrigan rencontre Channing, richard venu s'encanailler dans ce bouge qu'est Vernon Street. Surtout, il y a Loretta, sa sœur, cet ange blond fascinée par Kerrigan. La rédemption serait-elle là? Mais échappe t-on à Vernon Street?

Vous recherchez un roman noir, d'une noirceur extrême? Alors David Goodis est pour vous et La lune dans le caniveau est surement une de ses œuvres les plus emblématiques. Goodis nous raconte dans ce récit le quotidien morne, pauvre, sale et délabré d'une population vivant à part, dans ce quartier misérable qu'est Vernon Street. Alcooliques, fripouilles, bandits, prostituées : tout cela se mélange pour former une population cosmopolite où la saleté et le dégout submergent le lecteur propulsé en ce milieu. Goodis n'a pas peint ce quartier par hasard ni en imagination; en effet, Goodis a été, nous indique la préface, jusqu'à se déguiser en clochard et vivre pendant des semaines au milieu des dockers et de leurs familles dans la misère et l'horreur.

Kerrigan a toujours vécu à Vernon Street, ne sortant de son quartier que pour aller gagner sa croûte sur le port. Pourtant, il serait si simple de partir d'ici, de commencer une nouvelle vie, de prendre un ticket de tram à 25 cents comme il l'explique à Bella pour tirer un trait sur son passé et devenir un nouveau Kerrigan. Mais Vernon Street et son ambiance est là et l'agrippe telle une vieille femme à sa manche. Et puis, il y a Catherine, cette fleur si douce et si belle, qui elle n'avait vraiment rien à faire ici et qui, pourtant, malgré sa gentillesse et sa bonté, a été victime de Vernon Street et de sa racaille. Qui l'a tuée, même indirectement? Kerrigan veut savoir même si tout le monde autour de lui pourrait être le coupable.

Loretta et sa MG peuvent elles venir tirer Kerrigan de la boue dans laquelle il vit? Kerrigan l'espère et y croit même un temps bien que selon lui, Loretta ne vienne ici que pour s'amuser. Mais même les milieux aisés, comme celui dans lequel vit Loretta et son frère Channing ne sont pas exemptés de déchéance comme Loretta amèrement l'apprendra à Kerrigan.

Vernon Street est bien ce caniveau plein de boue d'eau sale où cependant viennent par instants se refléter la lune à l'image de Catherine ou de Loretta, songes presque irréels et qui disparaissent comme ils étaient apparus, au coin d'une rue. Ne reste alors plus qu'un quotidien morne et désespéré. Mais n'est ce pas tout ce que Kerrigan connait? Et où aller en définitive? Car tous ses pas, d'une manière ou d'une autre, le ramène ici, dans ce quartier déshérité de Philadelphie.

Un récit où l'intrigue policière et les tourments intérieurs du héros sont étroitement mêlés pour former un polar d'une noirceur terrifiante. Un grand roman, fascinant mais aussi dérangeant de par le sentiment de pauvreté et de "crasse" qu'il dégage, un roman où tout est dans l'ambiance, une ambiance désespérée...

Ma note : 4/5
Editions Le livre de poche, 190 pages

jeudi 19 novembre 2009

Pars vite et reviens tard - Fred Vargas


Lorsque Adamsberg se voit accosté par une femme terrorisée par des peintures de "4" à l'envers sur plusieurs immeubles de la capitale, le commissaire parisien, lui, n'y voit que les agissements d'une bande de blagueurs. Mais quand on lui rapporte que des messages étranges en vieux français ou latins sont adressés chaque jour au crieur de la place Edgar Quinet pour qu'il les lise à tous, il se sent pris d'un étrange pressentiment. Pressentiment qui se révèle fondé lorsque un puis deux habitants des immeubles peints de "4" sont retrouvés morts. D'autant plus que les victimes sont recouvertes de taches noires et piquées de puces... Le Fléau de Dieu serait il de retour comme les missives mystérieuses semblaient l'annoncer?

Un roman policier original et qui, dès les premières lignes, prend le lecteur au piège de son intrigue habillement ficelée. Pas de temps mort; au contraire, Vargas distille au fur et à mesure ses indices et développe le mystère qui entoure ce semeur de peste. Beaucoup de références historiques, l'auteur s'est appliquée à rendre presque crédible son récit; pour preuve on y croirait presque à son histoire de Peste ressurgie au XXème siècle. Le succès de Pars vite et reviens tard s'explique aussi par des personnages de qualité, à commencer par le personnage principal, le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, en proie à des doutes et à des questionnements, aussi bien au sujet de l'enquête qui piétine que sur sa vie privée qui dérape. Mais plus encore, ce sont les personnages secondaires qui l'on retiendra; de Joss Le Guern ce crieur breton bourru mais "chez les Le Gern, on est des brutes pas des brigands", aux autres habitants de la place Edgar Quinet en passant par Danglard ou encore ces quatre hommes atypiques mais plus que cultivés que Adamsberg sollicite dans son enquête pour l'aider.

Un roman qu'une fois commencé, on ne peut plus lâcher : preuve irréfutable que ce roman policier à la française est une véritable réussite. On se doute bien que des personnages croisés dans ce récit, on en retrouvera un certain nombre dans les autres aventures de Adamsberg. Et rien qu'à cette idée, c'est avec impatience que j'attends de pouvoir lire un autre roman de Fred Vargas !

Ma note : 4/5

Editions J'ai lu, 350 pages