
La plume de Kim Thuy est d’une douceur et d’une pureté merveilleuses. Et c’est avec émotion que l’on suit son témoignage où, d’une voix fluette et mélancolique elle nous livre ses souvenirs et ses espérances. Comment ne pas ressentir de compassion envers la petite fille alors enfermée dans un camp de réfugiés en Malaisie dans la crasse, la faim et les maladies ? Comment ne pas se révolter face aux exactions et autres brimades subies par sa famille par les troupes de Nord qui envahissent le Sud ? Comment ne pas sourire enfin à la lecture de sa découverte du monde occidental, un monde où la liberté et les désirs enfin possibles la déstabilisent ?
Ce premier roman qui se lit vite et sans effort, est un superbe témoignage des souffrances de tout un peuple. Vibrant hommage à tous ces gens qui se sont enfuis au péril de leurs vies dans des bateaux surchargés dont beaucoup périront en mer dans l’indifférence générale. Hommage également à ceux qui sont restés mais qui ont aidé les autres à partir malgré les dangers. Hommage enfin à ceux qui les ont accueillis, aidés, nourris et logés dans un pays étranger, malgré leurs coutumes et langues différentes.
Un très beau récit, d’une simplicité touchante mais d’une force d’évocation évidente. Une réussite.
Ma note : 3,75/5
(Éditions L. Levi, 143 pages)
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